Snake boy

HIAASEN Carl

Billy a une adolescence pas ordinaire. Difficile de se faire des copains quand on dĂ©mĂ©nage sans cesse ; sa soeur et lui s’y sont faits : leur mĂšre, passionnĂ©e d’aigles, fait courir la Floride Ă  ses enfants pour vivre prĂšs de ses oiseaux prĂ©fĂ©rĂ©s. Le pĂšre est parti quelque part dans le Montana. Quant Ă  lui, alias Snake boy, il adore les serpents et se sert de la frousse qu’ils inspirent pour rĂ©gler les conflits de cour d’école. Cet Ă©tĂ©, il va rencontrer son pĂšre, dĂ©couvrir sa vie, une autre famille… L’aventure !L’aventure, en effet. Celle d’un monde oĂč les animaux ne sont pas en peluche et oĂč les chasseurs ne sont pas des anges. Du cĂŽtĂ© des mĂ©chants, un braconnier pervers se divertit en tuant les animaux sauvages en voie de disparition. En face de lui, un justicier solitaire, le pĂšre de Billy, dĂ©fenseur de la cause animale, drone Ă  l’appui, fait fuir grizzlis, panthĂšres et autres, avant le coup de fusil fatal. De quoi faire battre les coeurs et multiplier les Ă©pisodes : une chasse Ă  double dĂ©tente, Ă  triple dĂ©tente mĂȘme, puisque Billy suit son pĂšre Ă  la trace, craignant Ă  juste titre pour sa vie. Le jeune hĂ©ros n’est pas seul dans cette traque : la fille de la compagne indienne de son pĂšre, adolescente comme lui, l’accompagne sur ce territoire qu’elle connaĂźt bien. L’amitiĂ© fait Ă©quipe avec l’énergie et l’audace nĂ©cessaires pour affronter la peur et le danger.Le rĂ©cit est entrecoupĂ© de moments d’information sur l’espĂšce menacĂ©e, son mode de vie, l’influence nĂ©faste des hommes sur le monde sauvage, etc. Ces intermĂšdes documentaires, habilement intĂ©grĂ©s, ne pĂšsent pas sur le cheminement romanesque du texte ; ce sont comme des pauses dans le rythme de l’histoire qu’ils enrichissent, mine de rien. Peu importe que l’une prĂ©fĂšre les aigles, l’autre les serpents, un autre les ours, ces passionnĂ©s des bĂȘtes nous les font aimer, respecter, sans miĂšvrerie sentimentale, sans angĂ©lisme. Ce roman enfin est un hymne Ă  la libertĂ© : on respire dans ces grands espaces entre forĂȘt et riviĂšre ; la nature n’a pas Ă©tĂ© rongĂ©e par la ville ni assagie par l’agriculture. Le monde sauvage est toujours tout prĂšs avec ses rythmes propres. Le romancier joue sur l’opposition entre la Floride et le Montana, l’une faisant valoir l’autre sur le terrain de la diversitĂ© des paysages. L’amour de la nature irrigue le roman sans alarmisme excessif. Avec des esprits libres, Il y a toujours place pour la libertĂ© ! Or les hĂ©ros de l’histoire le sont tous : aucun n’impose Ă  l’autre, mĂȘme si c’est douloureux, des chaĂźnes contraires Ă  son « besoin d’air ». En ce sens, ce roman est un voyage initiatique. (C.B, A.E, R.F.)