Revanche des cendres (Murena ; 8)

DUFAUX Jean, DELABY Philippe

Quelle flamboyance ! L’incendie de Rome déclenché par Lucius Murena (Vie de feux, NB décembre 2009), explose en deux pleines pages et en quatre longues cases verticales enfumées et rougeoyantes.  Le malheur est tombé sur la ville. Tous veulent échapper à l’horreur en courant vers le Champ de Mars ou en sautant dans le Tibre. Beaucoup ne peuvent lutter et périssent dans les flammes. Seul le Transtibérim, quartier occupé par la secte des disciples de Christus, semble épargné : Tigellin, pervers préfet du prétoire, pousse Agrippine et Néron à les choisir comme bouc-émissaire, responsables de la ruine de Rome.

Personnages historiques (avec notes en fin de livre) et destins fictifs se croisent. La Rome historique se montre une ville cosmopolite et tolérante avec à sa tête un Néron s’efforçant de sauver son peuple de la catastrophe, hypothèse scénaristique hétérodoxe ! Si la rencontre décisive entre Murena et Néron est attendue en vain, l’incendie de Rome occupe l’espace de façon magistrale.  Les monuments antiques, les rues étroites, les personnages aux traits soignés et précis, la beauté des tenues et les ombres provoquées par la luminosité du feu donnent à ce récit une allure somptueuse et saisissante.