Petits remèdes

DESHPANDE Shashi

Chargée d’écrire la biographie d’une célèbre chanteuse, Madhu a quitté Bombay pour l’interviewer. Orpheline de mère, enfant, elle l’admirait et elle était devenue l’amie de sa fille. Aujourd’hui, bien des années après, entre la perte de son père et de son fils, son expérience de la mort est multiple. L’écriture n’est qu’un prétexte pour prendre du recul après le décès de l’adolescent, s’éloigner de son mari et retrouver son enfance auprès de la vieille dame au passé tumultueux. Dans ce roman à la grande richesse thématique, Shashi Deshpande se concentre sur des vies de femmes, faites d’indépendance et de détermination, parfois jusqu’à la clandestinité. Dans la lignée de Après la pluie (NB juillet-aout 2009), la romancière tente de percer l’armure revêtue par son héroïne pour se protéger de l’inconcevable. Fuite en avant, refus du souvenir ricochant dans le regard de l’autre, sont autant de petits remèdes quand l’espérance n’existe pas. Parfois perdu dans le foisonnement de la parentèle et dans les couleurs de l’Inde – glossaire, arbre généalogique et index fournis –, le récit explore le tréfonds de l’inconscient et ouvre la porte au déni, permettant que, même si rien ne s’efface, tout soit libéré.