Petite route du Tholonet.

GANTHERET François

Le narrateur a un coup de foudre pour Cézanne en regardant un autoportrait comme jamais auparavant ; il y découvre un autre lui-même. Dans ses yeux, le questionnement, douloureux parfois : qu’as-tu fait de ta vie ? Les souvenirs émergent. Derrière cette démarche se profile l’expérience d’introspection de l’auteur, psychanalyste, mais sa réflexion s’enrichit de toute sa culture artistique. Poètes, écrivains, peintres, musiciens l’interpellent ; il tente de cerner ce qu’est la création, ce qu’elle suppose d’intériorité, de force et de fragilité mêlées. L’oeuvre et la vie de Cézanne sont longuement évoquées, ses toiles sont un hymne à la nature, à la puissance de vie qui en jaillit et façonne les êtres : écho, plein de couleurs, d’un autre texte, Les corps perdus (N.B. juin 2004).

Le style est brillant, parfois lyrique. La pensée ample, difficile à organiser tant elle foisonne de correspondances, l’absence de chronologie, l’imbrication de nombreuses histoires, tout réclame une lecture attentive. Cependant ce livre ouvre, avec brio, un vaste champ de réflexion.