Pas de Deo Gratias pour Rock Mastard. (Rock Mastard.)

DELAN Philippe, BOUCQ François

Boucq donne un coup de jeune Ă  son album des annĂ©es quatre-vingt. Ses hĂ©ros, Rock Mastard et J. Moucherot, vivent une aventure “hautement mystique” : ils sont appelĂ©s Ă  aider Dieu, qui passe son temps Ă  rĂ©inventer le tĂ©lĂ©phone et qui est concurrencĂ© par le Mage de Normandie dĂ©cidĂ© Ă  prendre le pouvoir spirituel sur l’univers. Ce dernier, dans ce but, dĂ©tourne les transports d’eau bĂ©nite destinĂ©s au Vatican et utilise le prĂ©cieux chargement pour en faire une arme efficace de soumission morale. Rock Mastard avec son brio super viril saura remettre de l’ordre dans les espaces divins.

 

On retrouve l’Église telle que Boucq la caricaturait dans Face de Lune : une peinture grotesque de la papautĂ© de la fin du XVIIIe siĂšcle ; tout y est tellement Ă©norme dans la dĂ©rision que la charge atteint son but, et, unie Ă  toutes les folies du scĂ©nario, elle rĂ©ussit Ă  faire rire. On oublie rapidement le cĂŽtĂ© ringard de l’atmosphĂšre post-soixante-huitarde, l’anticlĂ©ricalisme dĂ©bridĂ©, pour ne garder que les trouvailles de l’absurde et du non-sens Ă  la Marx Brothers. Un bon moment.