On n’efface pas les souvenirs

RENOUARD Sophie

Annabelle et Gaspard ont tout pour vivre une existence de rêve : un amour réciproque et sans la moindre vague, deux adorables fillettes, une famille aimante, une aisance matérielle et un appartement dans « les beaux quartiers » parisiens. Aucune ombre au tableau, jusqu’au jour où Annabelle disparaît, enlevée dans les toilettes d’une station-service…  La trame du premier roman de Sophie Renouard – qui a enlevé cette jeune femme et pourquoi ? – est classique et ténue. L’histoire passe sans grand suspense, au gré des chapitres, des affres de sa famille qui la croit morte, à la convalescence de la disparue devenue amnésique, dans un lieu retiré et pastoral. Une vague enquête policière, mollement conduite, beaucoup de gentils et quelques méchants justement punis, un saupoudrage de psychopathologie et une amnésie post-traumatique… Les personnages sont campés une fois pour toutes, sans évolution. Le dénouement frôle la caricature. Le ton mièvre et l’écriture parfois ampoulée ne rehaussent pas cette tentative pleine du désir de bien faire, mais au résultat maladroit. (M.M. et A.Le.)