Nous ne sommes pas de mauvaises filles

NIMAL Valérie

Maud et sa soeur cadette Marie doivent affronter la troisième tentative de suicide de leur mère, fragilisée par l’âge et la solitude. À l’hôpital, elles sont face à un être abîmé qui a été une enseignante et une égyptologue brillante mais aussi une épouse particulièrement instable et volage. Maud choisit d’abord de fuir cette femme dépressive et tyrannique avant de tenter de comprendre comment s’est construite, depuis l’enfance, sa relation problématique avec elle.  Dans ce premier roman, Valérie Nimal analyse avec finesse l’impact désastreux d’une mère cyclothymique et dépressive sur ses enfants. La métaphore de l’araignée venimeuse qui court tout au long du livre est relayée par le motif de la tarentelle avec sa musique endiablée pour traduire le douloureux combat que mène la narratrice afin d’échapper à l’emprise d’une femme toxique. C’est en écrivant et en triant – après son décès – les biens et les souvenirs de sa génitrice accumulés dans sa maison qu’elle réussit, au prix de visions hallucinées, à exorciser et à mettre à distance une figure maternelle, certes négligente, dure et envahissante mais aussi aimante. Un roman sensible mais un peu convenu qui évite un stérile règlement de comptes avec une mère indigne. (A.K. et E.L.)