Maudites

BOUGRAB Jeannette

Jeannette Bougrab pense avoir échappé à la malédiction de naître femme grâce à sa mère qu’elle soutient maintenant douloureusement dans le calvaire de sa maladie ; bien qu’illettrée, celle-ci l’a aidée à devenir docteur en droit, prélude, après une enfance dans la misère, à une brillante carrière politique de droite. Elle porte des souffrances qu’elle dévoile librement : naître en France, de père harki, l’isole des autres Algériens ; un faciès arabe attire injures et réflexions racistes. Féministe convaincue, elle fustige avec colère la lâcheté du monde devant le sort de fillettes esclaves ou mariées de force. Elle en a rencontré de par le monde et s’indigne violemment d’un islamisme prétendu modéré. Après l’assassinat à Charlie Hebdo de son grand amour, Charb le communiste, elle s’indigne de ce que la famille a refusé sa présence à l’enterrement. Son livre, facile à lire, diatribe contre l’islamisme, est sévère envers la France et porte la marque d’une battante au caractère indépendant qui se dévoile avec impudeur. (V.M. et A.M.)