Madame Freud.

BADOU Gérard

Née à Hambourg en 1861 dans une famille juive pratiquante, Martha Bernays rencontre Sigmund Freud en 1882. Longues fiançailles ponctuées par de nombreuses lettres et contrariées par l’autoritaire madame Bernays. Enfin, en 1886, Freud ouvre son premier cabinet à Vienne et se marie religieusement – malgré son athéisme qui interdira à son épouse toute manifestation visible de piété. La soeur de Martha, Minna, fait de longs séjours chez le jeune couple, aide Martha lors de ses maternités – elle aura six enfants – et part en voyage avec Sigmund pendant que Martha tient la maison. Épouse et mère modèle, cette dernière est au service du génie de son époux, même si elle apprécie peu la psychanalyse. La dernière fille, Anna, devenu psychanalyste, confidente de son père, évince peu à peu sa mère lors du cancer qui conduira Freud à la mort en 1939 en Angleterre. Martha vivra jusqu’en 1951 dans le culte du grand homme.  C’est la vie de son illustre mari, devinée en filigrane, qui donne de l’intérêt à cette rapide biographie d’une femme volontairement effacée, certainement moins brillante que Renée Pélagie, marquise de Sade (NB novembre 2004).