LâĂ©crivain et cinĂ©aste franco-afghan rĂ©compensĂ© par le Goncourt en 2008 propose une petite trentaine de textes de quelques pages inspirĂ©s des photos prises il y a quinze ans par son ami et ingĂ©nieur du son Dana Farzanehpour, Français dâorigine iranienne, dans les bas-fonds de Calcutta. Son admiration pour le grand Tagore qui en est natif le lie Ă cette ville oĂč il a vĂ©cu Ă une Ă©poque : il avait prĂ©vu de tourner Ă Calcutta un film adaptant la nouvelle Kabuliwala du grand homme bengali mais a dĂ» renoncer Ă son projet.
La prise de vue capte le silence dâun instant, elle autorise une respiration au milieu du vacarme de la citĂ©, lâauteur laisse libre cours Ă sa pensĂ©e ainsi quâĂ son imaginaire portĂ© par les correspondances avec son expĂ©rience de vie et ses rĂ©fĂ©rences littĂ©raires. Des anciens bĂątiments britanniques envahis par la vĂ©gĂ©tation naĂźt la conviction quâĂ partir de ses racines le vivant se dĂ©veloppe au-delĂ des pĂ©ripĂ©ties de la vie. De la solitude des personnes qui figurent sur les clichĂ©s souvent nocturnes se dĂ©veloppent les histoires imaginaires de destins universels contenant lâespoir, lâattente, lâexil, les croyances spirituelles et le cycle Ă©ternel de la vie. LâĂ©criture dâAtiq Rahimi cheminant au grĂ© dâimages de rues de Calcutta, souvent poĂ©tique, sait crĂ©er le mouvement avant et aprĂšs l’arrĂȘt sur image de la photo, une prouesse magnifique ! (J.H. et J.D.)
