Le septième jour

YU Hua

Yang Fei, mort accidentellement à quarante et un ans et resté sans sépulture, est condamné à être incinéré. Il se retrouve « dans un autre monde » où il va croiser tous les êtres, dépourvus de chair, qui ont rempli son existence. Son père adoptif pour lequel il a nourri une grande affection, une belle épouse, dont il a divorcé, et bien d’autres personnages qu’il a connus dans sa vie privée ou professionnelle, errent dans cet au-delà. Dans cette oeuvre divisée en sept journées comme la Création dans la Bible, Yu Hua (Sur la route à dix-huit ans, NB janvier 2010) écrit un long poème en prose. Les vivants et les morts se mêlent dans une atmosphère de pluie et de neige où la nature tient une place prépondérante. Les thèmes de la mort mais aussi de la mémoire et de la solitude sont traités avec délicatesse. Se côtoient et s’opposent sans cesse la réalité brutale et un monde onirique. On passe de l’horreur à la tendresse et la dérision. Beaucoup de talent malgré des longueurs.