Le sabre d’Allah

SINOUÉ Gilbert

En sillonnant les déserts arabiques avec ses caravanes, Mohammed le Messager reçoit la Révélation divine au fil de plusieurs rencontres avec l’ange Gabriel. Il fait rédiger le Coran en arabe par Zeyd, un esclave lettré juif. Dès sa mort, en 632, ses partisans et ses proches, malgré leurs propres dissensions, attaquent les pays voisins pour imposer la nouvelle religion,. En quelques siècles, l’islam se répand « par le sabre » jusqu’en Espagne à travers le Maghreb, puis gagne la Perse, détruit Byzance, menace l’Europe, formant un empire important où s’épanouissent l’art et les sciences.

 

L’auteur, né au Caire, est un romancier talentueux (Les cinq quartiers de la Lune (Inch’Allah ; 3), NB mai 2016). Il se fait ici chroniqueur de l’expansion islamiste, de son morcellement puis de sa disparition, comme grande puissance, de la scène internationale. Comment, s’interroge-t-il au travers des lignes, en est-on arrivé à déconstruire un tel monde, devenu aujourd’hui l’otage d’une « poignée de gangsters » ? Le lecteur apprend beaucoup de ce récit habilement construit autour des innombrables péripéties de l’islamisation du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, même s’il est débordé par la complexité des faits et qu’il peine à en retirer une idée générale autre que celle d’une guerre incessante.