Le printemps du loup

MOLESINI Andrea

Mars 1945. Dans un couvent proche de Venise se sont réfugiés, grâce à Frère Ernesto, une jeune et belle religieuse, deux vieilles femmes juives en charge du petit Dario, juif lui aussi, ainsi que Pietro, un orphelin de dix ans. Alors que l’arrivée des Américains est attendue et que la défaite allemande paraît inévitable, les nazis ne désarment pas et poursuivent leur traque antisémite. Le danger se rapprochant, Frère Ernesto décide d’embarquer ses protégés sur le voilier d’un pêcheur de la lagune. Les fugitifs seront rejoints plus tard par un mystérieux et inquiétant déserteur allemand. Andrea Molesini, connu en Italie par ses livres pour enfants et ses recueils de poésie, reprend ici les thèmes de l’absurdité des guerres et de la cruauté des hommes (Tous les salauds ne sont pas de Vienne, NB février 2013). Entrecoupé de pages du journal de la religieuse, c’est le récit parfois cocasse, souvent émouvant, d’une fuite éperdue à travers le nord de l’Italie, avec la vision, l’imagination et le vocabulaire d’un enfant. La force de l’amitié entre les deux jeunes garçons, la subtilité de la palette des sentiments, les trouvailles stylistiques souvent poétiques et par moment très drôles rendent ce livre particulièrement attachant.