Le livre de Gould : roman en douze poissons.

FLANAGAN Richard

Un Australien, Sid Hammet, faux antiquaire fabricant de meubles anciens pour touristes, découvre dans un vieux garde-manger, « Le livre des poissons ». Étrange ouvrage, illustré d’aquarelles, qui aurait été écrit par Gould, peintre forçat, entre 1820 et 1832. Déporté sur l’île Sarah, en Tasmanie, Gould y raconte sa vie et ses amours mais aussi l’enfer du bagne, dirigé par un Napoléon et un chirurgien fous, caressant l’utopie de la création d’une nation-modèle qui finira ravagée dans un gigantesque autodafé. Mais « Le livre des poissons » disparaît et Sid Hammet entreprend de le réécrire.

 

Le livre de Gould, écrit tantôt à la première personne, tantôt à la troisième comme l’était déjà À contre-courant (NB février 2001), est d’une construction complexe. Ce roman truculent, illustré de façon originale et belle, est difficile à suivre (et à lire, en raison de différentes teintes d’encre) pour un lecteur français qui en appréciera cependant l’écriture tour à tour fluide et sensuelle ou noire et caustique, et l’humour omniprésent. Richard Flanagan poursuit son oeuvre romanesque dans laquelle il retrace l’histoire de son peuple. Ce troisième roman lui a valu le prix du Commonwealth 2003.