Le fils du printemps

TEZZA Cristovão

Un jeune écrivain, ex hippie, poète fumeux, universitaire occasionnel, sorte d’ado attardé, devient père dans le Brésil des années soixante-dix. L’enfant est trisomique. De déni en fuites en avant, le père tente d’abord de toutes les forces de son immaturité de contourner cette tragique réalité et de poursuivre l’illusion de la normalité, en soumettant l’enfant à d’improbables séances de stimulation précoce. En dépit d’échecs répétés, un lien d’une force insoupçonnée se tisse entre ce fils différent et l’« âme brumeuse » du père, qui se réfugie toujours dans des élucubrations pseudo littéraires, les cigarettes et l’alcool, mais finit par accepter l’évidence et mûrir.

 

Ce texte profondément émouvant sur la paternité, la fragilité de l’enfant handicapé mental et la maturation nécessaire de l’adulte, est dense et difficile. Souvent la traduction, pourtant soignée, peine à rendre une écriture très littéraire se jouant de la syntaxe, de la construction des images, des mots et des temps, constamment aux limites confuses de l’imaginaire douloureux et de l’échappée dans l’utopie. Déconcertant mais puissant, ce roman a valu à l’auteur plusieurs prix, tant au Brésil qu’au Portugal.