Le cinquième évangile

FABER Michel

Michel Faber a plusieurs plumes dans sa trousse d’écrivain : thriller, science-fiction, roman historique façon Dickens (La rose pourpre et le lys, NB juillet 2005). Il aborde ici la parodie en prenant pour cible l’engouement pour les textes anciens et l’exploitation lucrative qui en est faite. Il reprend lui-même les ingrédients classiques : un manuscrit trouvé dans des conditions rocambolesques et les révélations troublantes qu’il apporte. Ce sont ici des papyrus, contenant, merveille !, un cinquième évangile rédigé par un témoin direct de la crucifixion et fort irrévérencieux pour les croyants. L’heureux découvreur, archéologue falot, spécialiste de l’araméen, se conduit bien naïvement tandis que le monde de l’édition, mis en ébullition par cette découverte, déploie sa cupidité. Le livre connaît un succès inouï mais, bien évidemment, dérange tout aussi fortement. La mort rôde… Des extraits de papyrus, d’une facture convaincante, ponctuent les aventures souvent ridicules de notre malheureux spécialiste, décalquées, sur un mode dérisoire, des ouvrages du même genre. On ne rit pas vraiment.