Le chant des baleines.

BAUDOIN Jean-Claude

Errance dans la désespérance. Un homme, après avoir sillonné les mers, parcourt le monde d’un pas désabusé. Dans la solitude d’une morne quête de lui-même et de son propre désir (écouter le chant des baleines ?), à la recherche de la note qu’il représente dans la grande symphonie de l’univers, il marche ! Il déambule parmi les banlieues sinistres des villes, parcourt des paysages désolés. Deux rencontres pleines d’humanité, une jeune fille dans l’attente du train et un couple de vieillards amoureux de la vie, n’arrivent pas à l’aider à sortir de ses souvenirs, fantasmes et hallucinations morbides, qu’il traîne comme des boulets.

Les vignettes occupent en majorité toute la largeur de la page, et sont disposées en une superposition de trois ou quatre. Les textes, le plus souvent encadrés dans la partie supérieure des images, accompagnent les questions existentielles et le mal-être du héros. Le graphisme est âpre, sombre, inspiré de Goya et de Van Gogh, illustrant bien l’état proche de la folie du personnage. Comme Les yeux dans le mur (N.B. nov.2003), l’album ne laisse pas indifférent par l’étrange poésie désenchantée qui en émane.