L’Avantage

ANDR√Č Thomas

On dirait le sud : pins parasol, cigales, piscine, ros√©. Marius, 17 ans, passe ses vacances d’√©t√© chez des amis. Joueur amateur dou√©, il participe au tournoi de tennis de la station baln√©aire. Il perd au premier tour contre un adulte qui joue trop vite pour lui. √áa ne l‚Äôemb√™te pas plus que √ßa : il va pouvoir suivre ses amis dans leurs vir√©es bien arros√©es. Mais quand la juge-arbitre lui demande de remplacer un joueur forfait au deuxi√®me tour, il n‚Äôose pas refuser.

L‚Äôauteur fournit fort peu d’indices sur l‚Äôhistoire de son personnage principal et narrateur avant cet √©t√©-l√†, celui de son entr√©e dans l’√Ęge adulte. La dramaturgie, singuli√®re, √©pouse celle de la progression de Marius dans le tournoi. C’est ce qui fait na√ģtre et excite la curiosit√©, l’envie de deviner, jusqu’√† la derni√®re balle jou√©e. Marius est touchant dans sa solitude assum√©e, √† la recherche de lui-m√™me (il n’y a encore que sur le court qu’il se reconnaisse un peu : tranquille, observateur, concentr√© et m√©thodique, comme d√©tach√©), ne faisant confiance √† personne, se m√©fiant de ceux qui, m√™me avec tact, l’encouragent. Comme son h√©ros, Thomas Andr√© n‚Äôen fait jamais trop. Juste ce qu’il faut, mais √† fond. Cette apparente retenue dans la construction comme dans l‚Äô√©criture cr√©e une tension tranquille et un charme √©trange qu’on a envie de retrouver tr√®s vite dans un second roman. (T.R. et A.-M.D.)