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WINKLER Josef

Fils de paysan dans l’Autriche des ann√©es cinquante, Joseph Winkler raconte ses souvenirs d’enfance dans un village au catholicisme √©touffant. Profond√©ment marqu√© par la mort, obs√©d√© par les rites fun√©raires √† la limite du supportable, l’auteur se livre √† une sorte d’expiation par l’√©criture. Les souvenirs appellent des images, les images des souvenirs, et tout s’encha√ģne en un chaos narratif, sans c√©sures ni chapitres. On pourrait y voir une plume concise et originale, des phrases fortes, de la po√©sie parfois, mais on en retient surtout un monologue interminable et indigeste de cauchemars morbides, hallucinatoires ou blasph√©matoires, comme expiatoire de pulsions macabres. Difficile d√®s lors de suivre l’auteur, impossible de partager sa fascination pour la mort, th√®me obsessionnel de ses oeuvres (Sur la rive du Gange, N.B. d√©c. 2004). Winkler a obtenu en 2008 le prix B√ľchner (√©quivalent de notre Goncourt) pour l’ensemble de son oeuvre.

 I.H. et L.K.