Je t’enverrai des fleurs de Damas

ANDRIAT Frank

Ils ont quinze ans : Wassim et Othmane sont partis en Syrie combattre pour la religion et la liberté. Leurs familles, leurs amis sont sidérés. Myriam n’a pas compris que les derniers mots de son ami étaient vraiment un adieu. Les deux adolescents ne semblaient pas préoccupés de politique ou de religion. Les professeurs sont à l’écoute, le téléphone portable permet encore quelques brefs échanges puis l’on apprend qu’Othmane a été blessé. La classe s’affolle, même Youssef si discret.Le récit est conduit à trois voix. Myriam, déçue dans son amitié amoureuse, adresse des lettres au professeur de français, pleine de l’émotion qu’elle cherche à maîtriser par l’écrit. Ce dernier fait le lien avec l’équipe enseignante, tous se remettent en question. Lui n’a-t-il pas valorisé l’engagement en leur faisant étudier Sartre et Camus ? Un élève anonyme rend compte des interrogations de la classe. C’est la quatrième voix, celle qui parle en exergue des chapitres, celle de Youssef, vecteur du bourrage de crânes, qui explique « comment » mais « pourquoi » nous échappe toujours. L’actualité transposée dans un établissement scolaire propose une réflexion pour des jeunes : à 15 ans, comment hiérarchiser ses obligations entre famille, idéal et achèvement de soi ?