Gipsy et l’homme du canal.

FROST Jonathan

 

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Au bord du canal, près de la cimenterie, une chienne abandonnée et ses trois chiots se cachent, ils ont faim. Non loin de là, un homme vit et dort sur un carton. Chassés brutalement de la décharge où tous cherchaient de quoi subsister, ils s’attachent les uns aux autres. Ne sont-ils pas dans la même galère ? L’homme au bonnet de laine veut faire soigner l’un des chiots, Gypsy, et pour payer ses soins, rend de menus services. Mais sans travail, sans toit, sans salaire, l’adoption de Gypsy, lui est interdite. L’heureuse proposition d’un travail et d’un logement chez le vétérinaire fait tout basculer. Gypsy a trouvé un maître.

 

Une superbe proue de péniche rouge fend l’eau : c’est la couverture de ce grand album illustré en noir et blanc. Papier épais, dessin pleine page (peu de texte en bas de page), crayonné sans concession, fort, réaliste. Beaucoup de mouvement, de ressenti. On sent l’histoire, on devine les pensées. La mise en scène de l’activité aux abords d’un canal est prétexte à évoquer le problème de l’exclusion, c’est aussi une délicate façon de parler de la générosité et de la solidarité. Dans la dureté des illustrations, crûment réalistes, passent les sentiments des humains. C’est vivant et profond et même lumineux, paradoxalement.