Elle va parler.

MARTIN Judith

Elisabeth, Juive hongroise, va vivre en Roumanie apr√®s son mariage et √©chappe ainsi √† la d√©portation. C’√©tait une enfant au sourire rare, une jeune fille sans concession et une personnalit√© qui demeure √©gale √† elle-m√™me jusque dans une vieillesse avanc√©e, la maladie, la souffrance, la d√©gradation physique et mentale. Sa fille, Agn√®s, la narratrice, en fait un portrait qui pourrait √™tre banal, n’√©tait le r√©cit r√©aliste de sa fin de vie. Elisabeth affirme, questionne, exige, elle ¬ę¬†d√©raille¬†¬Ľ un peu mais ses propos sont aussi le signe d’une attente. Elle attend, elle attend‚Ķ la mort ? Sans doute. Comme sa fille, le lecteur est boulevers√©.

Judith Martin avait écrit Pli urgent (N.B. jan. 2002), témoignage émouvant sur le décès de son père.