Dora la Dingue

YUKNAVITCH Lidia

Ida, alias Dora, est une adolescente en colĂšre, trĂšs perturbĂ©e par l’atmosphĂšre familiale : son pĂšre couche avec madame K pendant que sa mĂšre nĂ©vrosĂ©e, ancienne pianiste, avale tous les antidĂ©presseurs de la terre. Elle passe ses journĂ©es avec ceux qu’elle considĂšre comme sa vraie famille, MarlĂšne, transsexuelle rwandaise, et quatre amis accros Ă  l’alcool, la drogue, le sexe et les scĂ©narios vidĂ©os. Sig, psychanalyste de renom qui la suit, se retrouve piĂ©gĂ© Ă  son insu par un film qu’elle rĂ©alise en camĂ©ra cachĂ©e. Lidia Yuknavitch s’inspire du « cas Dora », prĂ©sentĂ© par Freud dans « Cinq leçons de psychanalyse », et elle n’y va pas de main morte ! Elle le revisite de façon inattendue et peu acadĂ©mique, fĂ©ministe et « trash », Ă  travers sa jeune narratrice, hĂ©roĂŻne Ă  la dĂ©rive, s’exprimant avec vigueur et verdeur, obsĂ©dĂ©e par la sexualitĂ© et hargneuse. Si l’Ă©criture argotique, pleine de verve mais lassante, donne une impression de frĂ©nĂ©sie, il faut avoir du courage pour aller jusqu’au bout. On en sort un peu KO. Une connaissance de Freud et du cas citĂ© est prĂ©fĂ©rable pour apprĂ©cier les rĂ©fĂ©rences et l’atmosphĂšre de revanche.