Correspondance : 1932-1942

ZWEIG Stefan

On conna√ģt Stefan Zweig, ses romans, ses biographies. Ses oeuvres disent la finesse de ses analyses et sa prodigieuse culture. Cette correspondance des dix derni√®res ann√©es de sa vie d√©voile l’homme et amplifie l’admiration que l’on pouvait avoir pour l’√©crivain. Pas un d√©tail m√©diocre, une bassesse ou une trace de narcissisme comme l’on en trouve souvent dans les correspondances √† des familiers – celle de Thomas Mann, par exemple, qui est un des destinataires c√©l√®bres de ce recueil, avec Romain Rolland, Freud, Joseph Roth, Max Brod, Richard Strauss, toute l’intelligentsia europ√©enne de l’avant-guerre. ¬ę Le destin m’a puni d’un regard incorruptible, d’un regard dur et d’un coeur tendre. ¬Ľ En ces ann√©es trente, les premi√®res vexations antis√©mites, l’autodaf√© de ses livres √† Berlin, la fouille de sa maison √† Salzbourg qui provoque le d√©but de son errance en Europe et dans les Am√©riques, tout cela l’atteint au vif de son √™tre. Bien plus, l’horreur inhumaine du nazisme qu’il per√ßoit tr√®s t√īt avec une sensibilit√© de visionnaire et une p√©n√©tration politique rare (il pr√©voit m√™me Pearl Harbour), les malheurs qui s’abattent sur son entourage le transpercent. Il prodigue son temps, son argent, son influence pour soulager les d√©tresses. Il se r√©fugie √† Londres, √† New York, au Br√©sil enfin o√Ļ il se suicide en 1942. Ce t√©moignage exceptionnel (tant sur l’Histoire que sur l’histoire litt√©raire) aurait m√©rit√© une pr√©face plus dense et des notes plus circonstanci√©es.

 M. W. et A-M. D.