Aphrodite et vieilles dentelles

HOLMQVIST Karin Brunk

Elida et Tilda, soeurs cĂ©libataires et quasi octogĂ©naires, vivent paisiblement dans leur maison natale au confort rudimentaire et toilettes au fond du jardin. Dans ce village suĂ©dois isolĂ©, leur quotidien routinier est bouleversĂ© par un nouveau voisin trĂšs communicatif. Celui-ci arrose ses fleurs avec un mystĂ©rieux engrais de sa fabrication qui provoque chez chats et lapins du voisinage une intense activitĂ© sexuelle ! InformĂ©es de la recette, les vieilles dames montent alors, incognito, une petite entreprise de vente par correspondance destinĂ©e aux messieurs Ă  la virilitĂ© dĂ©faillante ! GrĂące aux recettes elles s’offrent de somptueuses toilettes. Deux vieilles filles sages et prudes approvisionnant la gent masculine en Ă©lixir aphrodisiaque : l’idĂ©e est plutĂŽt drĂŽle et aurait pu donner lieu Ă  une comĂ©die hilarante. Mais la forme – style et dialogues plats – nuit au comique. Et les allusions rĂ©currentes aux dentiers et aux hĂ©morroĂŻdes de ces dames introduisent une note presque vulgaire. Pourtant les deux soeurs font immanquablement penser aux deux adorables tueuses du cĂ©lĂšbre Arsenic et vieilles dentelles, et on est attendri par leurs scrupules, leurs Ă©mois, leur naĂŻvetĂ©, leurs rafraĂźchissantes histoires familiales, leur mode de vie dĂ©suet et figĂ©. Le roman ne retient pas, mais peut parfois faire sourire ! (A.C. et M.-N.P.)