Marseille, 2023. Au poste de police, Carmina Costa dit ignorer où est son fils Rafaël. Assistante maternelle, elle a la garde de Lucas, le fils de la narratrice. La sachant romancière, Carmina lui confie le journal de Rafaël afin d’obtenir son avis sur son contenu et de lui apporter son aide. La lecture en est dérangeante et réveille chez la jeune femme des souvenirs traumatiques.
Avec ce nouveau roman, Pauline Clavière rouvre les blessures du passé, emmurant sa narratrice dans le souvenir d’une complicité d’enfance et la perte brutale de sa meilleure amie dont elle ne sait si elle est morte ou simplement disparue. Une réminiscence qui, conjuguée à son implication excessive dans l’affaire du jeune homme accusé de pédophilie, en viennent à miner son couple. Sans jugement moral et épaulée par des spécialistes, l’auteure s’attaque au démontage, rouage par rouage, de la construction d’une déviance. Elle explore les limites de l’amour maternel, sa capacité au déni, ses subterfuges pour protéger son enfant, renvoyant à la question de la responsabilité. Les chapitres courts et la construction fractionnée, dans un permanent chevauchement temporel, sous-tendent une tension morale diffuse et mènent à une fin inattendue. Ce roman, traité avec beaucoup de sensibilité, n’est pas juste une histoire ; il marque par son sujet et interroge. (Maje et A.-M.G.)
