Que les ombres passent aux aveux

LALAURY Cedric

Pour prendre un nouveau départ, Jessie, après un drame familial dû à son addiction à l’alcool, se réfugie chez son grand-père dans le Kentucky. A la mort de ce dernier tendrement aimé, survient un courrier étrange provenant de Keowe, en Caroline du sud. Depuis des lustres, son « grand-pa » avait évoqué ce lieu, sans s’y arrêter, comme étant un berceau familial. Là, il y a trente ans, un certain Webson s’est suicidé après avoir tué sa femme et sa fille. Le fils a disparu. Intriguée, Jessie décide d’enquêter pour écrire un livre.  Après le succès d’Il est toujours minuit quelque part (Prix Kobo 2017), Cedric Lalaury récidive dans la même veine. Il offre une peinture psychologique délicate, compréhensive, presque affectueuse, que l’on devine pleine de failles, des habitants qui s’ennuient un brin dans cette bourgade retirée. Entre silences, mensonges, mises en scènes, compromissions, médisances, ragots, confidences, confessions, culpabilités, voire croyances occultes, les recherches de l’héroïne piétinent, avancent, reculent. La recette des secrets bien gardés du passé n’est pas neuve, mais n’en est pas moins efficace. De nombreuses fausses pistes et des rebondissements maintiennent le suspense et font de ce thriller une lecture facile et distrayante.