Prendre les loups pour des chiens

LE CORRE Hervé

Franck sort de prison. Cinq ans pour un braquage avec son frère, qu’il n’a pas dénoncé. Pendant ce temps, Fabien a investi le magot dans un mauvais trafic. Il est en Espagne et Franck l’attend chez les parents de Jessica, la compagne de son frère et se trouve ainsi impliqué malgré lui dans leur vie minable sous la pression de plus en plus menaçante des créanciers. Un piège funeste dans lequel seule la présence de la fille de Jessica, huit ans, l’empêche de sombrer.

 

Faisant suite au magistral Après la guerre (NB juillet-août 2014), Hervé Le Corre revient sur le terrain du roman noir. Un couple aigri qui vivote de petits trafics, une jeune femme versatile au corps constamment offert, une fillette mutique, déterminée et fragile, composent un tableau dont la nocivité saute aux yeux. Dans la chaleur accablante qui exaspère les sens et la langueur de l’attente, le sentiment de fatalité s’impose inexorablement. Englué dans cette nasse malsaine, l’ancien détenu s’échappe dans les souvenirs, goûte un paysage, enveloppe la fillette de gauche tendresse, offrant quelques moments lumineux au récit. L’écriture dépouillée n’en est pas moins imagée, donnant corps à une histoire solide et bien menée. (Maje et M.-N.P.)