Pour une fois

NICHOLLS David

Stephen McQueen est un comĂ©dien qui court le cachet. Calamiteux, hypocondriaque, quittĂ© par sa femme, boudĂ© par sa fille, il s’accroche Ă  l’espoir de remplacer un jour, ne serait-ce qu’une fois, le jeune premier charismatique dont il est la doublure au thĂ©Ăątre. Il parvient tant bien que mal Ă  pĂ©nĂ©trer la sphĂšre privĂ©e de celui dont il convoite le rĂŽle, et Ă  rencontrer sa femme dont il devient le confident. Ne reculant devant aucune manipulation, Stephen ne doute plus de parvenir Ă  ses fins, par le chantage s’il le faut. 

David Nicholls (Pourquoi pas ?, NB juillet-aoĂ»t 2012) s’inspire pour ce troisiĂšme roman de sa vocation de comĂ©dien, abandonnĂ©e prĂ©cocement pour le cinĂ©ma et l’écriture. Sa description du star-system londonien est fĂ©roce et drolatique : elle sonne juste, avec ce qu’il faut d’exagĂ©ration pour amuser le lecteur. Les clins d’oeil et rĂ©fĂ©rences cinĂ©philes sont nombreux, notamment dans les titres de chapitre. La patte d’un scĂ©nariste est reconnaissable dans les scĂšnes trĂšs cinĂ©matographiques de cocktails et de soirĂ©es en club privĂ©. Les mĂ©saventures du hĂ©ros, somme toute ordinaires et prĂ©visibles, auraient mĂ©ritĂ© un rĂ©cit plus percutant et plus court.