Paul-Émile Victor et la France de l’Antarctique.

GARDE François

Tout le monde connaĂźt le nom de Paul-Émile Victor. Quelle est la vraie personnalitĂ© de ce “re-dĂ©couvreur” de l’Antarctique oĂč il n’a d’ailleurs jamais hivernĂ© ? DerriĂšre le dĂ©fenseur des pĂŽles se cache un touche-Ă -tout de gĂ©nie, Ă©goĂŻste et manipulateur. DĂ©laissant des Ă©tudes d’ingĂ©nieur, Paul-Émile Victor part en 1934, Ă  vingt-six ans, sur les traces de Charcot, pour l’aventure du Groenland. AprĂšs la guerre, son expĂ©rience aux États-Unis l’incite Ă  crĂ©er son Ovni personnel de logistique pointue : les “ExpĂ©ditions polaires françaises” qu’il finance par de cĂ©lĂšbres confĂ©rences et par des opĂ©rations de lobbying politique. MĂȘme de sa retraite de Bora Bora, il reste incontournable pour coordonner la prĂ©sence de la Ve RĂ©publique dans l’Antarctique et s’attire l’animositĂ© des milieux scientifiques.  François Garde a voulu, Ă  l’approche de l’AnnĂ©e polaire internationale, saluer la mĂ©moire de Paul-Émile Victor. Avec sa clartĂ© d’énarque, nĂ©anmoins sensible et psychologue, il rĂ©ussit Ă  rĂ©vĂ©ler cet homme tel qu’il fut.