Oui.

ELZBIETA

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« On n’est pas obligé d’écouter tout ce qui se dit, partout et en même temps, du matin au soir, ou même la nuit. » Ainsi la quatrième de couverture éclaire l’enjeu inhabituel de cet album : chaque scène proposée – adieux au départ d’un bateau, passants dans une rue de ville, jeux de fête foraine – développe des paroles inscrites dans de longues bulles étirées. Bribes de dialogues, réactions tristes, amusées ou hors de propos, phrases en suspens, à chacun d’imaginer une suite. Stimulant pour l’imagination mais difficile au départ, sans l’aide d’un adulte, sûrement intéressant pour un travail sur la parole avec un groupe. Le monde imaginaire d’Elzbieta s’est enrichi de techniques actuelles. Ombres douces des papiers népalais, découpages à la Matisse, fermeté du graphisme donnent une présence forte aux décors aux tons chauds. Déconcertant? Peut-être. Intéressant, sûrement.