O

PHAN Lucie

O rouge est tout rond. En dĂ©valant la pente, il heurte Bleu, carrĂ© quant Ă  lui. DrĂŽle de rencontre ! S’ils avaient eu des yeux
 Un coup de pinceau noir et c’est chose faite : ils voient. Pour marcher, de concert dĂ©sormais, et pour grimper, il leur faut des jambes ; pour dĂ©blayer le trou dans lequel ils sont tombĂ©s, des bras ; et pour entendre l’appel du marchand de glaces, des oreilles
  La fonction crĂ©e l’organe ! Sans aller aussi loin, les formes Ă©lĂ©mentaires et les couleurs primaires s’animent dĂšs qu’on ajoute un Ă©lĂ©ment plus significatif, ou qu’on l’imagine pour jouer avec un simple jeu de construction ou de formes et inventer au grĂ© de sa fantaisie une aventure Ă  la hauteur de ses envies ou de sa propre expĂ©rience. Les deux personnages ne sont pas encore au stade de la parole : pas un mot Ă©changĂ©.  Au narrateur-conteur d’animer cette histoire ! (C.B.)