Nulle part sur la terre

FARRIS SMITH Michael

Une femme et une fillette marchent sur la route en direction du Mississippi. Maben n’a plus d’argent et offrir son corps pour en gagner se révèle être la pire des initiatives. Russel, tout juste sorti de prison, pensait avoir payé sa dette ; tout comme Maben, il se trompe. Leurs chemins se croisent et la vie, qui leur en a déjà demandé beaucoup, va s’acharner encore.  Michael Farris Smith (Une pluie sans fin, NB novembre 2015) est un écrivain doué d’une sensibilité particulière. Un même passé pèse sur les épaules de personnages qui tentent de reprendre leur vie en main mais se heurtent à la haine et à la violence avec un fort sentiment d’inéluctabilité. Dans ce coin paumé de l’Amérique, on se débrouille pour survivre. Ce livre est l’archétype du roman noir social : pas de mélo facile, que des faits, de la défiance, une tendresse maladroite, beaucoup de culpabilité, mais aussi de l’espoir et une possibilité de rédemption. Les phrases sont courtes pour resserrer le temps et l’écriture dépouillée, très visuelle, en dit beaucoup en peu de mots. La justesse des sentiments, le poids des doutes confèrent à ce récit une grande humanité.  (Maje et M.-N.P.)