Montaigne, sans rendez-vous

KOSTER Serge

Touché par la disparition de proches, Serge Koster s’interroge sur la vieillesse et la mort. Il se reconnaît pour pères spirituels Maurice Nadeau, qui vient de mourir, et Michel Tournier, fort âgé, à qui il rend visite. Le trouver malade et diminué le rend mélancolique. Puis judéité et euthanasie sont  brièvement évoquées. Gardant vivace le souvenir d’un film où le « divin Burt Lancaster » nage sans fin vers sa perte, il s’engage à sa suite. De la Seine il passe à la Garonne, aboutit chez Montaigne, assiste à la mort de celui qui, avec Sénèque, fut son guide. De courts chapitres où se mêlent littérature et philosophie font la part belle à l’oeuvre de Montaigne ; ils caractérisent cet essai exigeant. Le foisonnement des idées, la multiplication des références à certains auteurs rares, l’abolition du temps et le recours fréquent au fantastique peuvent déstabiliser le lecteur, cependant retenu par une belle et riche écriture.