Mon ami Junger

toma e

« Nous sommes assis, mon ami Junger et moi-mĂȘme dans un bucolique petit jardin public. Nous regardons passer les filles en faisant des commentaires salaces qui nous font beaucoup rire. Des fois, on siffle. (
). C’est bien. Ce n’est pas super, mais c’est bien. Au moins, nous ne risquons rien. Â».

Qui est Junger et qui est le narrateur de ces « brĂšves Â» irracontables tant les sujets abordĂ©s sont tĂ©nus ? Étrange, ce Junger qui ne prend jamais la parole, qui nous est « racontĂ© Â» d’une voix libĂ©rĂ©e de tout affect facile, Ă  moins qu’il s’agisse d’un Ă©lĂ©gant soliloque sans destinataire. Mon ami Junger est-il un autre, bien « rĂ©el Â» ? Ce couple Ă©tonnant rappelle les deux compĂšres imaginĂ©s par Beckett, insĂ©parablement unis dans leurs solitudes respectives et attendant Godot. MĂȘme pudeur Ă  dire la tendresse, mĂȘme retenue dans la charge grinçante contre la sociĂ©tĂ©, mĂȘme humour pour ne pas larmoyer Ă  chaque fausse note de la vie. Un petit livre inclassable qui ne prĂ©tend pas Ă  la profondeur mais qu’on offrira volontiers pour le plaisir de ses histoires courtes, amusantes, spirituelles et qui font mouche car, dit la quatriĂšme de couv, « Mon ami Junger souffrent de n’ĂȘtre qu’un Â». (C.B. et M.T.D)