Mangée, mangée

ÉNARD Mathias, MARQUÈS Pierre

Lila n’est pas toujours obéissante et elle espère rencontrer un loup dans la forêt voisine. Pourtant c’est là qu’habite le chasseur-boucher et sa mère ne veut pas qu’elle s’approche de sa maison. Un soir d’hiver, Lila, surprise par la tempête de neige, frappe à la porte de cette cabane, malgré les mises en garde de sa poupée. Voici Lila salée, fumée, suspendue à un crochet. Sa poupée qui s’est échappée implore l’aide d’une louve rencontrée en chemin.  Un conte des Balkans dans la lignée des contes classiques : l’enfant qui a bravé l’interdit subira des épreuves avant le dénouement heureux. Un texte distancié dont la violence sous-jacente est mise en scène par l’illustration : le lecteur frissonne avec la petite fille courant dans la neige bleutée, frémit devant les immenses couteaux du boucher ou la mâchoire du loup dévorant à pleine dent. L’histoire se déroule au fil des saisons, le printemps saluera la renaissance de l’enfant mais la louve accouchant d’une fillette régénérée laisse perplexe.