Lumières noires

MOATTI Michel

Thèbes, an 1327 avant J.-C., le grand prêtre scelle le tombeau de Toutankhamon. Novembre 1922, Howard Carter découvre la tombe du pharaon et son trésor inouï. Malade et craignant pour sa vie, Carter vient en 1930 consulter Marie Curie sur la possibilité d’avoir été irradié dans le mausolée. Évoquant la malédiction du pharaon, il la convainc de venir à Londres étudier les artéfacts trouvés dans l’hypogée. 

Journaliste et écrivain, Michel Moatti explore souvent des événements historiques qu’il enrichit d’une intrigue, prenant quelques libertés narratives pour créer du suspense. S’appuyant sur la découverte du tombeau de Toutankhamon, il élabore un roman où Carter devient le point de départ d’une exploration du mythe de la malédiction et de sa réalité scientifique. L’intervention de Marie Curie, élément fictif introduit par l’auteur, reste crédible, les deux personnes ayant vécu à la même époque. Ce croisement inédit apporte au roman une double dynamique : la précision historique des fouilles et le côté imaginé d’une enquête menée avec rigueur et humour par la célèbre savante qui, non contente d’avérer les rumeurs de détournement d’objets au profit de l’archéologue, apporte une dimension scientifique enrichissante. Le récit habité de Carter crée une ambiance mystérieuse et restitue les moments exaltants des fouilles. De cette aventure fascinante, illustrée d’articles de journaux de l’époque, Moatti tire un roman aux accents policiers très vivant. (Maje et A.-M.G.)