L’étoile du matin

SCHWARZ-BART André

Haïm est encore un enfant lorsqu’il sent obscurément planer la menace allemande sur la communauté de Podhoretz, petite bourgade polonaise. De son aïeul, modeste savetier devenu rabbin, il a reçu le don de pénétrer les âmes et pacifier les coeurs par la musique. Confronté à l’innommable dans le ghetto de Varsovie puis à Auschwitz, il porte à jamais la noirceur du monde et reste hanté par des questions sans réponse.

 

L’auteur du Dernier des Justes, Prix Goncourt 1959 (NB décembre 1959), s’est éteint en 2006. Après la publication de La Mulâtresse Solitude (NB mai 1972), ce fut le silence. N’ayant jamais cessé d’écrire, il tentait d’exprimer l’indicible, mais détruisait au fil des ans la plupart de ses écrits : « Se taire est insuffisant, parler est excessif…» Il préféra sauvegarder au fond de son être le souvenir des siens, préserver le regard et la voix des disparus, tous délivrés de la souffrance et de l’horreur nazie, tandis qu’il lui fallait survivre. Rassemblés par son épouse, textes et notes de plusieurs décennies composent ce roman auquel André Schwarz-Bart a donné le titre avant de mourir. Son écriture se fait entendre comme un chant poignant, ample, profond, qui résonne des incertitudes ancestrales de la destinée du peuple juif.