Les yeux d’Otonashi

WLODARCZYK Isabelle, POLIAKOVA Sacha

Ma√ģtre Otonashi peint inlassablement la montagne. Son jeune disciple Mirzu suit chacun de ses gestes, ne se lassant pas d’apprendre √† ses c√īt√©s. Il s’applique √† reproduire, en cachette, des peintures inspir√©es de l’oeuvre de son ma√ģtre. Quand celui-ci annonce au jeune gar√ßon qu’il ne voit plus assez, et que l’heure est maintenant venue de lui succ√©der, Mirzu d√©cide de remplacer les oeuvres de plus en plus sombres du vieil homme par les siennes, afin de pr√©server l’honneur et la renomm√©e de son ma√ģtre. ¬†Hymne √† la sagesse, ce conte est empreint de reconnaissance et d’une tendresse pudique, aussi d√©licate que le pinceau qui effleure la toile. Nulle trahison de part et d’autre, mais un profond respect mutuel : pour l’un, le souhait de s’effacer pour laisser s’√©panouir le jeune talent, pour l’autre, la volont√© de ne pas ternir l’image d’un g√©nie qui s’estompe. Par un trait gracieux aux tons pastel, l’illustratrice contribue √† la qui√©tude des paysages. Les visiteurs assistent √† l’essor du jeune prodige, tel l’envol d’une grue. (M.-C.D.)