Les eaux brûlantes

GOVIL Bhavika

À New Delhi, ils partagent à trois un petit appartement. Mira a huit ans, très complice de son frère Ashu, quatorze ans. Celui-ci, mal dans sa peau, peut-être trop attiré par un ami de l’école, aimerait être plus proche de sa mère Leela qui tente de faire face à la situation, connaît des moments de détresse, et est aidée par une voisine qui prend en charge les enfants si nécessaire : il n’y a pas de père.

Pour son premier roman, cette auteure indienne dépeint la vie d’une famille d’un bon niveau social, en proie à la solitude, à la difficulté de s’intégrer dans une société très marquée par des coutumes ancestrales, comme le mariage arrangé. Chacun prend la parole dans des chapitres alternatifs. Les secrets enfouis au plus profond se dévoilent peu à peu. La petite fille parle avec finesse des situations des adultes qu’elle tente de comprendre, sa joie de vivre et sa sensibilité sont un rayon de soleil dans ce roman dont les personnages traversent des moments difficiles. Le jeune homme est tiraillé entre son attirance pour son ami lequel se fait tabasser par son père pour ses déviances, et l’envie de plaire à sa mère qui ne dégage aucune sympathie ni vraie attirance pour son fils. Le contenu de ses carnets permet de comprendre ce qui l’a rendue si indifférente. Beaucoup de sujets sont traités : la maladie, le deuil, la pédophilie, l’homosexualité, les relations parents enfants. On suit avec intérêt cette histoire familiale contée sous la grosse chaleur indienne (C.M. et A.Be.)