Le destin d’Anjali

MACHERLA Hema

Anjali a quinze ans, son mari vient de mourir, elle devrait aujourd’hui monter avec lui sur le bûcher funéraire. Son père lui évite ce sort funeste, elle se retrouve dans un chariot conduit par le jeune Saleem, un ami d’enfance, en route vers le Sud. Une tumultueuse aventure commence : les deux amis se perdent, se retrouvent. Anjali est confiée à une danseuse, Saleem est blessé en manifestant contre l’arrestation de Gandhi, puis reprend son travail chez Mr Robert, un Anglais bienveillant, chez qui Anjali a été embauchée comme aide cuisinière.

Difficile de résumer cette histoire naïvement sentimentale, tant elle se perd et se fractionne entre péripéties et personnages. On se retrouve dans les années trente, une époque de fin de colonialisme vue ici du côté indien, avec ses écarts de modes de vie et de mentalités, les meetings antibritanniques et surtout une mise en perspective de la douloureuse condition féminine dans la société indienne traditionnelle. Le style réjouit par ses tournures inattendues ou désuètes, dûes peut-être à la traduction : « … n’a jamais interagi socialement avec un Anglais », « ses souffrances tant physiques qu’émotionnelles »… Hema Macherla (La brise qui monte du fleuve, Les Notes juin 2012), née en Inde, arrivée en Angleterre en 1977, vit à Londres. Sa plume n’a rien perdu de son exotisme. (M.W. et A.-M.G.)