Les Druides : des philosophes chez les Barbares

BRUNAUX Jean-Louis

Cette enquête démystifie les druides présentés, habituellement, comme prêtres-juges-éducateurs-devins, éventuellement comme sacrificateurs d’êtres humains, alors qu’ils étaient « des philosophes, philosophes barbares, tout de même des philosophes ». Pendant la période hellénistique, ils furent en relation avec les philosophes grecs et les pythagoriciens avec lesquels ils avaient en commun une volonté d’action politique et une pensée similaire sur la destinée posthume de l’humanité. César et Cicéron ont donné des druides une image déformée, ne pouvant admettre que du Ve au Ier siècle, avant la conquête romaine, la civilisation gauloise fut aussi évoluée. Bien loin des magiciens barbus s’exprimant à coups de potion magique, on découvre des penseurs proches des sages de la Thrace, de Perse ou d’Athènes, représentant aux confins occidentaux l’antique sagesse du monde méditerranéen.  Cette thèse marquée du sceau de la méthode et de la discipline des grands intellectuels (l’auteur est chercheur au CNRS) est remarquablement étayée, philologie et archéologie aidant ; non exempte de déductions logiques à la Sherlock Holmes, elle se lit avec un intérêt soutenu, moyennant un regard concerné porté à ce monde celtique occidental des Gaules.