Le chemin

VILELA Fernando

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Soulevant un nuage de poussi√®re, le chevalier sur son destrier capara√ßonn√© fonce, lance brandie, sur le dragon qui l’attend √† la page suivante. Encore une double page, et l’homme poursuit son chemin chevauchant le monstre, √† l’assaut d’un serpent tellement √©norme, qu’on retrouve le chevalier juch√© sur sa t√™te au d√©tour d’une autre page, face √† une ville que tous deux investissent. La b√™te fait craquer les murs en s’y faufilant, l’homme p√©n√®tre au plus profond et d√©livre une princesse. Grimp√©s sur la plus haute tour, un oiseau gigantesque les emporte…

Sans paroles, le dessin s’inscrit √† l’encre noire sur les aplats jaune ocre. L’espace de la double page, en format oblong, accentue le dynamisme de l’action et l’ellipse ponctue la hardiesse des conqu√™tes que le lecteur a le plaisir d’imaginer. Des volutes l√©g√®res de la fum√©e √† la profondeur des anneaux du reptile, le noir domine, relev√© de touches de vert discret et de rouge aux effets dramatiques : souffle du dragon, regard effrayant du serpent. Une histoire √† se raconter, un conte en √©quilibre sur une ligne d’horizon √† peine esquiss√©e ou sur les bulbes et les clochers pointus d’une ville imaginaire culbut√©e comme un jeu de cubes.