L’autocollant

SARTORI Leonora

La petite Leo se souvient de son enfance en Italie : son pĂšre, farouche dĂ©fenseur des opprimĂ©s, entraĂźnait sa famille dans d’interminables manifestations chaque week-end. Posters et autocollants envahissaient l’appartement, l’un d’eux l’avait particuliĂšrement frappĂ©e. ReprĂ©sentant six prisonniers vus de dos, il appelait Ă  sauver « les six de Sharpeville », cinq hommes et une femme, arbitrairement incarcĂ©rĂ©s en 1984, condamnĂ©s sans preuve suite Ă  une sanglante rĂ©volte. Ils passĂšrent huit ans de leur vie en prison avant d’ĂȘtre libĂ©rĂ©s Ă  la fin de l’apartheid. Devenue adulte, la narratrice se rend en Afrique du Sud pour rencontrer ces six personnages qui, tour Ă  tour, lui racontent leur histoire.

 

Alternant souvenirs d’enfance pleins d’humour des annĂ©es quatre-vingt et rĂ©cits tragiques des protagonistes vingt ans aprĂšs, la construction du rĂ©cit de Leonora Sartori, journaliste, dĂ©route, mais souligne l’abĂźme qui sĂ©pare l’insouciance de la jeunesse du militantisme et de la rĂ©alitĂ©. Ce premier roman elliptique, mais intĂ©ressant, probablement autobiographique, dĂ©voile un Ă©pisode peu connu d’un rĂ©gime injuste et tĂ©moigne de vies ruinĂ©es par l’oppression.