1920. Joseph, jeune critique d’art anglais, débarque dans une bastide provençale. Il n’est pas le bienvenu. Le peintre Savinien Goubert ne l’accepte que s’il pose avec une orange sans lui laisser l’espoir de décrocher une interview. Sa nièce Suzanne, talentueuse mais qui a interdiction de peindre, très discrète et mystérieuse, veille à tout, pinceaux, toiles, cuisine, ménage, c’est l’esclave parfaite. Quelques amateurs d’art américains font irruption dans cette demeure, c’est l’occasion d’un festin mémorable que l’artiste va mettre en peinture. La vie est oppressante, mais peut-on quitter son tyran ?
Ce premier roman ne se contente pas d’évoquer le milieu artistique des années 1920, et surtout un peintre obsédé par la lumière. Il aborde les conditions de la création d’une œuvre, et les difficultés de la critique dans un contexte pesant. L’artiste travaille dans un atelier en dehors de la maison et n’ouvre qu’au marchand parisien qu’il préfère. Les raisons qui l’ont fait quitter Paris apparaissent dans un contexte familial mais il reste un secret sur le père de la nièce. Une note satirique est patente lors de la venue de soi-disant artistes américains goujats et ivrognes. Une histoire d’amour peine à démarrer entre le critique et la nièce. Elle prend une autre forme, et des confidences sèment le trouble au point d’engendrer des reproches inouïs. Ce roman foisonnant ne laisse pas indifférent. (S.La. et C.M.)
