La villa du lac

JOYCE Rachel

Anglais, les Kemp forment une tribu soudĂ©e et aimante dont Vic le pĂšre, peintre autodidacte apprĂ©ciĂ©, forme le pivot : veuf, ce sĂ©ducteur a Ă©levĂ© (avec originalitĂ©, amour, responsabilitĂ©) trois filles et un garçon maintenant adultes. Tous passent leurs Ă©tĂ©s dans leur merveilleuse villa sur le lac d’Orta en Italie. Vic se remarie avec Bella-Mae, jeune et Ă©nigmatique Italienne, bouleversant l’harmonie familiale, suscitant questionnements…

Rachel Joyce met en scĂšne des ĂȘtres excessifs dont Vic sert d’exemple aux enfants. Avec une Ă©criture subtile et une approche psychologique personnalisĂ©e des caractĂšres, la romanciĂšre, dans une premiĂšre partie, signe la fresque pleine de tendresse d’une famille insĂ©parable. Dans l’étĂ© caniculaire d’Orta, la deuxiĂšme partie plus rugueuse est centrĂ©e sur la nouvelle Ă©pouse de Vic ; rĂ©vĂ©lations, dissensions sans nuances, scĂšnes cathartiques. AprĂšs la noyade de Vic, les accusations sans fondement se propagent et les quatre enfants Kemp font le bilan de leurs choix de vie ratĂ©e par manque de perspicacitĂ© et d’introspection. SĂ©parĂ©s et malheureux, ces personnages attachants bien campĂ©s par une narratrice Ă  l’écriture vivante et au rythme tonique, refont leur unitĂ© dans une troisiĂšme partie festive et positive oĂč ils vont revendiquer leur individualisation. (A.C.)