La fille aux papiers d’agrumes

ZISCHLER Hanns

Elsa vient de perdre sa mère. En 1956, avec son père, elle quitte Dresde pour s’installer en Bavière dans une petite ville tranquille. Les Alpes bavaroises, un château de Louis II, un collège avec ses professeurs presque tous bienveillants forment le décor de sa nouvelle vie. Adolescente romantique, élève attentive, Elsa devient l’amoureuse de Pauli et l’amie de Saskia ; elle se plaît à collectionner les légers papiers bariolés qui enveloppent les oranges. Détaillant leurs images, elle rêve de contrées ensoleillées, d’animaux mythiques. L’Allemand Hanns Zischler a de multiples talents, écrivain, photographe, acteur, conteur… Il vit en France, aime Proust et la campagne ligérienne et on l’imagine cultivé, humaniste et serein, ce que confirme une postface élogieuse. Les courts chapitres de son roman, surprenant de poésie et de charme, suivent avec simplicité la vie d’Elsa. Le récit plein de retenue, presque mystérieux, suggère plus qu’il ne dit les tristesses d’un deuil, l’exil difficile, la douceur de l’amitié, les émois d’un premier amour. Pas d’analyses psychologiques, peu d’explications, seulement le quotidien perçu à travers la sensibilité de l’héroïne, dessinant peu à peu un portrait tendre et délicat dont les traits restent en mémoire. (E.G. et M.W.)