La fabrique

BARROUX

Un ouvrier, salopette bleu marine et pull rayĂ©, se rend au travail Ă  bicyclette. Dans l’usine, dĂ©serte Ă  part lui, il s’empare d’une pelle et d’une brouette, qu’il remplit de fragments d’angelots, fleurs ou oiseaux gris. Il les enfourne ensuite dans une vaste machine, ajoute de la peinture rose, de l’eau, rĂšgle le dĂ©bit des tuyaux, s’assied au poste de commande. Et a le plaisir, enfin, de voir son travail rĂ©compensĂ©: de beaux nuages roses et blancs, aux motifs type toile de Jouy, s’Ă©chappent de la cheminĂ©e pour Ă©gayer le ciel.

 

DrĂŽle d’histoire! Sans paroles, comme le veut la collection, sur un format Ă  l’italienne allongĂ©. Les images panoramiques, traitĂ©es dans des tons brun-beige oĂč ressortent quelques formes rouge ou orange et la silhouette bleue de l’ouvrier, bizarrement proportionnĂ©e avec sa tĂȘte minuscule, mĂšnent au dĂ©nouement Ă  leur rythme tranquille. Rapidement intriguĂ©, on suit les faits et gestes du travailleur avec attention. Le dĂ©cor de tuyaux enchevĂȘtrĂ©s s’agrĂ©mente de quelques dĂ©tails rĂ©tro, simili collage de vieux outils, roues dentĂ©es, robinet… ou souris en fuite. L’ensemble dĂ©gage du charme, qui naĂźt de ce contraste entre l’usine et le produit manufacturĂ© qui en ressort: des nuages de poĂ©sie dans un monde d’utilitarisme. Mais est-ce vraiment accessible aux enfants ?