TĂ©hĂ©ran, aprĂšs les Ă©lections de 2009. Une jeune femme dĂ©ambule dans les rues pour recenser les statues « disparues » et cartographier leurs emplacements. Une Ă©crivaine iranienne exilĂ©e aux Ătats-Unis oriente sa dĂ©marche vers dâautres « disparus », les morts, emportĂ©s dans la tourmente rĂ©pressive de la thĂ©ocratie au pouvoir qui a ciblĂ© Le mouvement Vert.
Deux lignes narratives, en fragments alternĂ©s. La premiĂšre installe le lecteur dans la vie quotidienne Ă TĂ©hĂ©ran de la jeune militante qui se consacre Ă ce recensement dont attestent les documents quâelle rassemble en 13 « tombeaux littĂ©raires » poignants, suivis de quelques autres, plus laconiques, faute dâinformations (lacunes de lâenquĂȘte et censure du pouvoir) pour un inventaire sans point final condamnĂ© Ă un inachĂšvement tragique. LâĂ©loignement donne Ă la deuxiĂšme narratrice la distance qui permet de sâinterroger sur lâinjonction intime qui pousse Ă tĂ©moigner. Des rĂ©flexions Ă©tayĂ©es par des renvois multiples Ă des philosophes, linguistes, Ă©crivains, convergent vers une question centrale : celle du pouvoir des mots sur la rĂ©alitĂ©. Au cĆur mĂȘme du mĂ©tier de lâĂ©crivaine. Â
Un trĂšs beau texte, courageux certainement, dont la trĂšs belle Ă©criture est imprĂ©gnĂ©e, mĂȘme dans la traduction, des rythmes poĂ©tiques du persan jusque dans la typographie, le ferrage et lâillustration. Poupeh Missaghi nous Ă©blouit et nous touche infiniment.  (C.B et J.G)
