Juillet 1938. La bataille de lâĂbre, une des plus meurtriĂšres et dĂ©cisives de la guerre dâEspagne, fait rage. Surplombant le village de Castellets del Segre en aval du fleuve, se dressent deux pitons rocheux, Lola et Pepa. Les Fascistes tentent de reprendre Lola aux RĂ©publicains qui les ont eux-mĂȘmes dĂ©logĂ©s de lĂ il y a peu. Cela dure depuis une semaine. De part et dâautre les hommes sont Ă©puisĂ©s. On ne se bat plus pour gagner mais pour survivre.
Ancien correspondant de guerre, le romancier dĂ©crit avec un rĂ©alisme impressionnant les assauts successifs menĂ©s depuis chaque camp. Toute tactique est dĂ©sormais absente. Le visage creusĂ©, le souffle court, les hommes nâen peuvent plus de marcher et de se battre. Les murs calcinĂ©s et grĂȘlĂ©s de projectiles, une fumĂ©e asphyxiante, lâodeur pestilentielle des cadavres, le bruit assourdissant des explosions tĂ©moignent de la violence des combats. De multiples personnages Ă©mergent de ce chaos : agentes de liaison, officiers, simples soldats, journalistes, membres des brigades internationales, jeunes recrues, les « Biberons », dont lâĂ©crivain dĂ©taille les rĂŽles avec Ă©motion et empathie. Ils sont comme le lent moteur dâune machine Ă produire de lâhorreur roulant inexorablement vers lâembouchure du fleuve, horizon lointain de ce quâil reste dâespoir pour ces « putains de Rouges ». LâĂ©criture est sobre et forte. Cependant, emportĂ© par la passion pour son pays et la richesse de ses recherches, lâauteur se perd dans les dĂ©tails, reprend sur plus de cinq cents pages des scĂšnes dâoffensive qui se ressemblent, attĂ©nuant en partie le grand intĂ©rĂȘt de lâouvrage. (A.Lec. et B.T.)
